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Que fait la police ou que faire de la police ?

mercredi 24 juin 2020 par Jean Pénichon (ANC)

En 1994, l’Observatoire des Libertés Publiques publiait un manifeste « Que fait la police ? » [1] qui n’a toujours pas pris une ride.
C’était les années Pasqua, flanqué des résidus du mouvement Occident (Alain Madelin, Patrick Devedjian, Gérard Longuet et Claude Goasguen entre-autre...).
Les années Macron/Castaner y ont rajouté, Flashball et lanceurs de balles de défense (LBD), Pistolets à impulsion électrique (Taser) et la clé d’étranglement qui a tué Adama, Lamine Dieng et Cédric Chouviat.
10 % des personnes tuées l’ont été des suites d’un malaise ou d’une asphyxie, ce qui montre la létalité des techniques d’immobilisation – plaquage, pliage, clé d’étranglement.
Sans parler de Steve Maïa Caniço carrément noyé dans la Loire il y a un an.

L’insécurité réelle est une chose, le sentiment d’insécurité en est une autre. Nos contemporains y sont de plus en plus sensibles au point d’en faire un enjeu électoral (Caméras de surveillance, police municipale…). La crise du Covid vient d’en apporter la preuve flagrante : la paranoïa orchestrée par le pouvoir lui a permis de mettre tout le monde en « sécurité » (Confiné !). Mais dès le déconfinement et les premières manifestations, la réalité répressive des forces de l’ordre est apparue au grand jour.

Le policier a toujours été l’élément indispensable d’une politique de rejet et d’exclusion, permettant de masquer les difficultés économiques et sociales. La police est, aujourd’hui, le meilleur bouclier d’un système politique et économique de plus en plus réactionnaires, voire « fascistoïde », que la France ait connus depuis la guerre d’Algérie [2] sans parler de Vichy qui fut l’apothéose de la police répressive et antisémite, donc déjà fortement raciste et dont les gènes semblent encore perdurer aujourd’hui.

Le policier, en plus d’incarner l’État bourgeois, incarne la défense de la propriété privée (« délinquance d’appropriation » comme il est écrit désormais dans les rapports de police pour sanctionner ces délits dans les manifestations) de la même façon qu’il donne une réalité à l’idée d’État, il en donne une à celle de propriété privée.

Rappelons que la police est une survivance des inégalités qui n’ont pu être détruites par la Révolution de 1789 [3]. La réponse répressive joue donc un rôle fort durant une période où s’accroissent précarité et inégalités sociales.

Ainsi, armer une partie de la population contre une autre, même pour « le bien commun » des deux parties, crée toujours un déséquilibre inacceptable. Ce déséquilibre consiste, par exemple, à accorder plus de crédit à la parole du policier qu’à la parole du citoyen. Il s’agit là d’une réalité indéniable à la fois dans l’opinion publique mais aussi directement dans l’exercice de la justice.

Si quelqu’un subit des violences indues de la part des hommes en uniforme, c’est eux qui mèneront l’enquête en étant bien entendu « juge et parti ! » [4] Il n’existe pas encore de système juridique qui assure la même crédibilité aux paroles d’un prévenu, qu’à celles du policier qui l’a interpellé. [5]

Ce qui permet à un policier de tuer, au nom d’idées implantées dans son subconscient déjà passablement orienté par l’ignorance et la peur, des enfants de dix-sept ans en France aujourd’hui. L’anonymat de l’uniforme et un système judiciaire complice, sans oublier une pression des syndicats de police sur ces affaires lui fournissant le quitus psychologique indispensable.

Comme l’a si justement et courageusement dit Camélia Jordana “il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie” , car c’est bien toute cette dérive sécuritaire et répressive qui alimente un climat de frayeur partagée. Paris comporte déjà plus de policiers par habitant.es que Berlin ou Londres.
Pourquoi en vouloir plus ?

« Il faut en finir avec cette police ! »

C’est, me semble-t-il, la question que pose le mouvement mondial déclenché par l’assassinat de George Floyd aux États-Unis et qui en entraîne de nombreuses autres. Que la fonction sociale de la police soit de maintenir un certain ordre du monde, un certain régime de domination, c’est désormais une affaire entendue.

Reste le plus gros mensonge anthropologique sur lequel son existence repose : sans son exercice de la violence « légitime » nous serions incapables de nous donner des règles de vie communes et nous nous entretuerions à la première occasion.
C’est faux !
La peur de la police ne dissuade d’aucun crime. Le crime organisé et l’égoïsme capitaliste avec sa course éperdue au profit maximum entrainent des inégalités sociales intolérables et arrivent à mettre en discussion « les bases mêmes de la cohabitation civile, rongeant le tissu des valeurs sur lesquelles reposent les institutions d’un État moderne ».
Dans une société juste, à chacun selon ses besoins, le rôle des « gardiens de la Paix » peut reprendre tout son sens et autoriser une autogestion sécuritaire par les citoyens eux-mêmes [6].

Nous ne pouvons plus accepter l’impunité de la garde prétorienne d’un pouvoir aux abois. Au temps de Louis XIV "le canon était le dernier argument des rois" [7], aujourd’hui les "forces de l’ordre" représentent le dernier rempart d’une société sois disant "démocratique", mais en état de déliquescence avancé en route vers la barbarie et la dictature.

«  L’urgence impose de réaffirmer un contrôle politique et citoyen sur la police, d’obtenir la vérité et la justice pour toutes les victimes des violences policières, de désarmer et chasser tous les racistes, de mettre au pas les petits cheffaillons autoritaires, et en premier lieu le préfet de police de Paris. »(Unité CGT)

Cette fresque "fout" les boules aux policiers. L’officine d’extrême droite (faussement appelée syndicat) Alliance, veut censurer la fresque que le maire de Stains a faite réaliser sur un mur de sa ville.
Castaner vient (évidemment !) de donner raison aux fachos.
"Moi, membre de l’ANC, je refuse que cette fresque soit censurée »


[2Pour la police Française, l’exemplarité de la « Bataille d’Alger » est toujours une référence.

[3Le coup d’État du 8 thermidor an II permis à la bourgeoisie de stopper la course démocratique de la Convention menée par Robespierre pour assoir la suprématie bourgeoise, donc celle de la propriété privée, dans laquelle nous vivons encore.

[4La France condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme qui rappelle que les enquêtes visant la police doivent être menées de manière « rapide, effective et impartiale »

[5En 10 ans (statistique 2017), 47 hommes désarmés sont morts à la suite d’une intervention musclée des forces de l’ordre. Streetpress a enquêté sur ces 47 dossiers pour un résultat accablant : aucun policier ou gendarme impliqué n’a jamais fini en prison.

[6Loin du système « voisins vigilants » proche du RN »

[7À Marseille les canons étaient tournés vers la ville.

   

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