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Quoi de neuf sous le nom de Biden ?

lundi 8 février 2021 par Francis Arzalier (ANC)

Les communicants Macroniens de nos télévisions répètent à qui mieux mieux depuis plusieurs semaines à quel point le monde enfin débarrassé de ce crétin de Trump va redevenir un paradis de bisounours grâce à Biden, leader du monde et de la Démocratie, dont l’intronisation devant la Maison Blanche avait dans leurs discours tout d’une canonisation. Rien n’y manquait, ni les drapeaux US et les soldats à l’allure virile, ni les prêtres catholiques et protestants et leurs prêches enflammés, ni même pour être à la mode du jour quelques femmes " libérées " ( ça se voyait à leur tenue excentrique....).
Il y a un siècle en France, on aurait qualifié cette cérémonie de " sacre sous l’égide du sabre et du goupillon", en contraste avec le " post-modernisme " incarné par la chanteuse Madonna dans sa robe écarlate de carnaval.

Mais si les symboles ont leur importance pour juger d’hommes d’État, leurs discours en ont aussi, et plus encore leurs décisions, qui sont des faits. Et les deux prouvent le contraire de la version sucrée déversée par les médias, en extase devant le nouveau titulaire de l’Impérialisme qui reste le plus puissant du globe, avec ses centaines de bases, ses armes nucléaires, encerclant les ennemis désignés des USA et de leurs vassaux occidentaux, le diable chinois et les diablotins russe, nord-coréen, iranien, cubain et vénézuélien.

Le discours du nouveau Président pouvait faire froid dans le dos à ceux qui n’ont pas oublié l’histoire des XXeme et XXIemes siècles. Il a redit avec emphase le "messianisme Yankee" , selon lequel les USA, berceau de la " Démocratie ", définie par la liberté du marché capitaliste et des élections périodiques plus ou moins truquées, grâce à la protection divine, ont la mission de l’imposer de leur mieux au reste du monde.

Et Biden n’a pas manqué de revendiquer le titre de première puissance mondiale, pour persister à jouer ce rôle de combattant de la "Démocratie modèle US". Le discours de Présidents du passé, Théodore Roosevelt qui au début du Siècle dernier inaugura les ingérences armées en Amérique latine, de Kennedy et Nixon, qui prétendirent soumettre le peuple du Vietnam en l’arrosant de bombes, de Bush père et fils qui firent le même pari en Irak et ne réussirent qu’à créer un chaos sanglant au Moyen-Orient.....

Parce qu’ils furent tous, avec leurs personnalités diverses, l’incarnation de cet IMPÉRIALISME des États Unis d’Amérique : Il n’a plus sa puissance d’antan, mais même affaibli, il a encore les moyens de créer la guerre aux quatre coins de l’univers, quels que soient ses dirigeants et leurs manies.
Trump, démagogue toujours prêt à flatter les pires extrêmes-droites sans obligatoirement croire ce qu’il dit, était il plus dangereux pour l’avenir du monde ?
Seul l’avenir nous le dira. L’essentiel pour conserver la paix, notre mission d’anti impérialistes, est d’organiser les peuples contre ces forces de destruction, quel que soit leur dirigeant et ses tweets plus ou moins cohérents.

Les discours du nouveau chef de la Maison Blanche sont déjà rien moins que rassurants pour l’avenir. Mais ses premières décisions sont plus inquiétantes encore, et notamment l’équipe dirigeant dont il s’est entouré, dont plusieurs responsables civils et militaires ont un passé de "néo-cons" bellicistes sous des Présidents précédents, dont Busch.

Le nouveau Secrétaire d’État à La Défense Lloyd Austen a eu le 23 janvier une conversation téléphonique avec son homologue Ben Wallace du Royaume Uni, révélée sciemment à la presse par le nouveau porte-parole nomme par Biden, John Kirby.
Au cours de cet échange avec le ministre de Johnson, il a réaffirmé l’importance des relations SPÉCIALES entre les deux pays, qui doivent selon lui répondre à la croissance chinoise, ou russe, et continuer à agir conjointement en Irak et en Afghanistan. Par ailleurs, il a félicité les dirigeants du Royaume Uni du renforcement considérable de ses forces navales et aériennes, dans le cadre de l’OTAN, dans le cadre de coopérations croissantes USA- UK.

Nos médias nous ont abreuvés d’une soit-disant connivence entre les dirigeants "populistes" Trump et Johnson, qui se serait achevée grâce à l’élection du gentil Biden. A l’inverse de ces billevesées, l’échange révèle la croissante proximité militaire, guerrière, des dirigeants impérialistes nord-américains et Britanniques, dans le cadre de l’OTAN, qui inclut les puissances vassales comme la France de Macron.

En réalité, tous les indices montrent une vigueur renouvelée de la diplomatie impérialiste dans le monde, et si elle laisse entrevoir des changements, ils ne vont guère dans le sens de la paix. L’offensive de "containment " à l’encontre de la Chine est réaffirmée prioritaire, et ressemble de plus en plus au "cordon sanitaire " dressé contre l’URSS d’autrefois, à la fois économique, diplomatique et militaire, avec son chapelet d’alliances, de bases et porte-avions prêts à lancer la mort nucléaire.

Et les risques de dérapage de cette " nouvelle guerre froide" en conflits ouverts comme ce fut le cas autrefois reste d’autant plus grand que leur évidente perte d’influence pousse les dirigeants US a l’agressivité.

Seules inflexions notables, réitérées par les nouveaux responsables de Washington, le retrait confirmé des troupes engagées directement en Afghanistan, et de celles qui restent au Moyen-Orient. Il ne s’agit pas pour les USA d’un abandon des objectifs impérialistes contre les peuples de cette région, mais de confier sur le terrain de plus en plus de place aux supplétifs des pays alliés ou à des mercenaires privés, pour éviter les pertes en hommes mal vécues par l’opinion publique états-unienne.

Un "retrait" US identique à été fait il y a dix ans des zones de combat africaines, après l’échec cinglant subi par les soldats de Washington à Mogadiscio : depuis, les USA ont laissé le soin de défendre les intérêts des investisseurs occidentaux en Afrique de l’Ouest (Sahel et Sahara) à l’armée française, et ne sont plus présents qu’indirectement en Afrique de l’Est.

Au Moyen-Orient, l’ennemi désigné est toujours l’Iran. Si le nom du pays n’est pas cité, les diatribes contre le terrorisme islamiste (comme si c’était une spécificité de l’Iran) couvrent une stratégie régionale évidente. Pas d’intervention militaire directe, trop risquée, mais la constitution d’une coalition anti-iranienne, qui réunit pour la première fois des puissances musulmanes, voire intégristes comme l’Arabie Saoudite, et les Sionistes et Ultra-orthodoxes Juifs, au pouvoir à Tel Aviv. (et qui a été initiée par Trump, et reprise par l’administration de son successeur).

La présence militaire états-unienne directe, en nombre de soldats, a certes décru depuis quelques années. Mais l’influence des USA dans cette région cruciale du globe a pour objectif avoué de s’accroître, grâce à plusieurs facteurs.

La diplomatie US est directement impliquée, et parraine les rapprochements récents entre des puissances arabes (les pétroliers Saoudiens et Émiratis et la Monarchie marocaine) et l’État colonial d’Israël. Un rapprochement commercial et militaire (vente d’armes) sur le dos des peuples colonisés et exploités (les Saharaouis par le Maroc et les Palestiniens par les Sionistes de Tel Aviv).

Les USA étant garants au Conseil de sécurité de l’ONU de ce deal sordide. Ce processus, rassemblant les alliés anti-Iraniens des USA au Moyen Orient, entamé par Trump, a été entériné avec satisfaction par la nouvelle équipe nommée par Biden.

A propos de la Syrie, le nouveau Secrétaire d’État Blinksen, qui fut l’un des plus ardents acteurs de l’intervention militaire US contre le régime de Bachar El Assad sous le Président Obama, a réaffirmé ses orientations subversives, reprochant même a Trump d’avoir abandonné ce terrain. Il constate que les USA sont moins présents qu’il y a quelques années, regrette que n’ait pas été poursuivi le soutien militaire aux " Forces Démocratiques " anti-Assad, mais se félicite qu’il y ait encore au nord-est du pays "quelques forces spéciales...à proximité d’endroits où se trouvent des ressources très précieuses...à côté du pétrole".

L’objectif fixé est de réinsérer les USA dans les marchandages diplomatiques autour de l’avenir de la Syrie, aujourd’hui réduits aux Russes, Turcs et Iraniens, et de peser pour une issue politique que Blinksen considére toujours devoir être sans Bachar El Assad. Et, bien sûr, sans l’avis du peuple syrien ! !
Un exemple parfait de l’idéologie de l’Impérialisme ! !

En fait, dans cette "nouvelle " stratégie impérialiste pour cette région charnière des trois continents, la richesse en pétrole et gaz naturel risque de peser plus lourd dans une gouvernance Biden qui veut limiter les exploitations pétrolières polluantes sur le territoire américain.

Et enfin, on ne peut négliger les conséquences des récents événements au Caucase, dont les "jeunes nations" , qui ont accédé à l’indépendance nominale avec l’explosion de l’URSS, ont par la même occasion redécouvert la fièvre nationaliste et xénophobe, cultivée par les officines occidentales financées par Soros, très présentes par le biais d’Internet, et les services secrets sponsors de "révolutions oranges" périodiques.

C’est bien ce scénario malsain (un coup d’état à Erevan, suivi de provocations ) qui a conduit en fin 2020 à une deuxième guerre meurtrière entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, à propos de l’enclave du Haut Karabakh peuplée d’Arméniens au cœur du territoire Azéri. Une complexité ethnique courante au Caucase, héritage d’un passé tourmenté, qui se résolvait très bien dans le cadre de compromis au sein de l’ensemble soviétique, mais qui devient une poudrière grâce aux exactions nationalistes réciproques.

Car les torts sont largement partagés entre les deux gouvernements. Seule la mauvaise foi de la plupart des médias Français les a poussés à dénoncer d’emblée les Azéris, parce qu’étant "musulmans", ils ne pouvaient qu’être coupables de maltraitance envers les "chrétiens" arméniens.
Quoiqu’il en soit, cette courte guerre s’est conclue par une victoire fulgurante des Azéris : il a fallu l’intervention de la diplomatie russe, qui ne voulait pas voir s’étendre un incendie sanglant à ses frontières, pour établir un cessez le feu et préserver les Arméniens de la déroute.

Nos " experts" se sont empressés d’expliquer cette suprématie militaire azérie, par l’aide de la Turquie voisine, qui fut réelle, notamment en fournissant à Bakou des drones, très efficaces pour repérer les cibles à bombarder dans ces zones montagneuses. Les deux pays sont proches, imprégnés d’Islam autant que de nationalisme, et partagent les mêmes langue et culture.

Mais ils ont généralement occulté une réalité géopolitique nouvelle, qui change la donne dans cette région de montagnes proches des éventuelles cibles iraniennes :
LA VICTOIRE MILITAIRE DE L’AZERBAÏDJAN A ÉTÉ POUR UNE GRANDE PARTIE CELLE DE L’ÉTAT D’ISRAËL, AU MOMENT OÙ LEUR PARRAIN US "SE DÉSENGAGE" DU TERRAIN MOYEN-ORIENTAL.

D’abord parce que les drones fournis par Ankara (toujours membre de l’alliance occidentale OTAN ) étaient en réalité israéliens. Depuis des années, une étroite coopération militaire s’est nouée entre Tel Aviv et Bakou, par le biais de contrats avec Ella Systems, filiale d’Israël Aerospace Industries, et d’autres sociétés israéliennes, spécialisée dans les matériels de guerre et d’espionnage électronique, avec notamment les "drones-kamikaze" Harop (tous ces faits ont été divulgués par des officines directement informées par les services de renseignement concurrents).

C’est cette technologie qui a fait la différence sur le terrain en 2020, et elle peut le refaire à d’autres occasions. Sait on que l’Azerbaïdjan, un petit pays de même pas 10 millions d’habitants, achète presque autant d’armement que l’Inde, qui dépasse le milliard ?

Tout s’est passé comme une préfiguration possible d’une guerre contre l’Iran tout proche.

L’avenir dira si les Impérialistes occidentaux iront jusqu’à donner le feu vert aux prédateurs locaux (Israéliens, Saoudiens, Émiratis, Turcs) car les risques d’extension mondiale du conflit sont grands, et les peuples concernés peuvent imposer la paix, y compris à Tel Aviv.

Ce risque d’embrasement du Moyen Orient dans les années qui viennent est en tout cas réel, sous la houlette de l’administration Biden et ses alliés-vassaux et nous devons le dénoncer- plutôt que faire de Trump l’incarnation du Mal, vaincue par l’archange Biden.

   

Messages

  • 1. Quoi de neuf sous le nom de Biden ?
    8 février, 15:22 - par RICHARD PALAO


    TRUMP était bien l’incarnation du mal , et BIDEN assurera la continuité avec des méthodes en apparence plus soft il faut donc continuer à dénoncer l impérialisme US sans pour autant exonérer TRUMP et à mot à peine couvert regretter qu’ il ait été battu .

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