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De la fermeture des bars aux sénatoriales

mercredi 30 septembre 2020 par Charles Hoareau (ANC)

Sans être infectiologue ni même médecin, mais simple citoyen on ne peut que s’indigner des mesures apparemment incohérentes en matière de santé prises par ce gouvernement.
Apparemment parce que fermer les bars et restaurants et laisser ouvertes les cantines scolaires alors que l’école représente plus d’un tiers des foyers d’infection, interdire les regroupements de plus de 10 personnes et laisser les transports en commun être bondés, sans parler des centres commerciaux qui, comme Grand Littoral à Marseille, peuvent continuer à ouvrir les cafés restaurants des galeries marchandes, toutes ces mesures sont incohérentes d’un point de vue de la prévention.

Mais ce qui est cohérent politiquement et inacceptable c’est cette volonté gouvernementale que le travail se poursuive, avec ou sans protection, parce qu’il faut bien que le capital fasse du profit et pour le reste limiter la casse, non pas à cause d’une flambée de l’épidémie, mais parce que le pouvoir veut continuer sa casse de l’hôpital. Comme le dit Guillaume ALGRIN, de la CGT des hôpitaux sud :« Au lieu de fermer les bars et les restos, on aurait mieux fait d’ouvrir des lits et d’embaucher du personnel ».

Le vrai problème n’est pas la montée des cas positifs [1] ce qui est à distinguer du nombre de malades et surtout du nombre de morts (dont l’âge médian est 84 ans avec 66% de comorbidité) proche de 0,04% de la population française, mais tout à la fois la baisse des capacités hospitalières et la politique de privation de libertés.

L’attaque des hôpitaux est telle que les mesures actuelles de restriction des libertés n’ont pas d’autre but que de prévenir une grippe saisonnière qu’en l état actuel des choses le système de santé ne saurait plus soigner. Comme l’explique Guillaume « on est à 30% de nos capacités d’accueil mais on est obligés de réserver les 70% restants pour les autres malades ». Ce sont donc bien nos capacités sanitaires qui sont en cause.

Merci aux gouvernements qui se sont succédé.

Enfin ce qui est grave ce sont les mesures liberticides prises au nom de notre santé et qui s’appuient sur le climat de peur dont le gouvernement a besoin pour nous faire taire.

Comme le disent les madrilènes des quartiers populaires : « le confinement c’est la lutte des classes ».

Devant cette situation les communistes que nous sommes avons une responsabilité, celle d’aider à la convergence des colères et tracer au cœur d’elles la perspective politique du changement de choix de société qu’elles posent même inconsciemment.

Je ne sais si les restaurateurs vont virer « torchons jaunes » comme certains d’entre eux l’ont promis, mais ne laissons pas s’opposer entre elles les catégories sociales qui ont de fait des intérêts communs au moins pour partie. Ne laissons pas la même chose que certains ont cru bon de faire avec les gilets jaunes.

Bien sûr on peut toujours argumenter sur le réveil tardif de certains quand la CGT crie depuis des années contre la casse des hôpitaux. On peut se dire aussi avec juste raison que d’applaudir au balcon ou manifester le samedi ne suffit pas. Des gilets jaunes aux restaurateurs en passant par d’autres conflits les révoltes sont souvent contradictoires tant dans les motifs que dans les formes mais la question première et presque unique pour nous est celle de savoir si ces mouvements multiformes qui s’expriment vont dans le bon sens.

Si c’est le cas, si on pense que les dernières annonces gouvernementales vont encore peser sur les plus exploités, y compris des salariés peu ou pas déclarés par certains de ceux qui manifestent aujourd’hui, notre travail de communistes est de rassembler, de situer les enjeux, de porter nos exigences et de faire monter en conscience ces mouvements. C’est d’autant plus important que les mesures prises pénalisent en premier celles et ceux de ces petits commerçants qui respectent la loi et le code du travail.

Qu’ils en aient conscience ou non, les petits commerçants ou artisans ne sont pas les moteurs du système capitaliste, pas plus que les cadres même ceux qui à l’entreprise se font les relais complaisants des exploiteurs en chef du MEDEF qui nous dominent toutes et tous.

Nous devons dire non à ces mesures qui vont casser les petites et moyennes entreprises au profit, soyons en sûrs, des chaines de restauration. Les Drive des Mac Do en sont un très bon exemple.

La libération du prix de la baguette a été la cause de la fermeture de milliers de boulangeries (plus de 1000 par an depuis 7 ans) et a ouvert la porte aux grandes chaines de boulangerie qui représentent aujourd’hui plus de 45% du chiffre d’affaire de la profession.

Le même exemple peut être pris avec la fin du tarif réglementé du carburant qui a entrainé la fermeture de milliers de stations-services indépendantes nous obligeant souvent à faire des kilomètres pour faire le plein sans garantie de baisse des prix, bien au contraire.

En regardant les choses de ce point de vue, la marche pour l’emploi concerne aussi les salarié-e-s des PME qui seront des victimes des choix gouvernementaux actuels.

Tracer la route sans compromission, aider à l’union du peuple de France face aux grands groupes internationaux, rassembler sans électoralisme mais pour un changement de société, se battre aux côté des camarades de la centrale, mobiliser pour le 17 à Paris, c’est notre tâche.

Elle n’est pas de même nature que ces rassemblements électoraux que l’on voit fleurir en ce moment entre des gens originaires de partis se disant par ailleurs opposés, mais s’alliant le temps d’un scrutin parce qu’au fond sans doute pas si éloignés que ça sur le plan de la politique économique et sociale et l’attitude vis-à-vis de l’UE qui est le marqueur sur les choix de société à mettre en œuvre.

Ces rassemblements, non seulement suscitent de moins en moins d’enthousiasme, mais au contraire un rejet massif si on en juge par l’abstention grandissante qui se manifeste à chaque élection touchant en premier les quartiers populaires, ceux qui auraient le plus intérêt au changement.

Pour ne prendre qu’un exemple, quand dans une ville comme Vitry, il y a 90% d’abstention comment peut on se féliciter d’une montée en pourcentage qui représente de fait une perte de plus de 2000 voix ?

Cette stratégie qu’il faut bien qualifier d’électoralisme, montre aussi ses limites quant à ses résultats en témoigne le récent et incroyable épisode de l’effacement du printemps marseillais devant la droite, ce qui, non seulement n’a pas empêché une perte de voix du Front républicain au second tour des municipales mais n’a pas empêché non plus la réélection de RAVIER comme sénateur du RN.

Dans ce contexte il n’est pas étonnant que les seules élections qui mobilisent ce soient les sénatoriales, chambre dont le PCF jadis (comme la FI depuis) demandait la « suppression pure et simple de cet organisme parasitaire » .

Mobilisation pas étonnante parce que là ce sont les seuls élus qui votent.
Entre eux…


[1Voir les infographies de France Info ou les chiffres dusite eficiens

   

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