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En France, où sont les forces réellement révolutionnaires aujourd’hui ?

lundi 31 janvier 2022 par Pierre Rimbert

« Qu’ils en aient tous conscience ou non, les grévistes de la sûreté ont soulevé toutes ces questions et à Marseille-Marignane, leur collectif aéroportuaire CGT a ouvert une perspective qu’il est du rôle des communistes que nous sommes d’ouvrir en grand à leur côté. » La question posée par Charles Hoareau, ce jour-là, est la création d’un grand service public regroupant les métiers essentiels à la vie en société. Et les extraits de l’article de Pierre Rimbert (Le Monde Diplo de février 2022) ci-dessous, nous permet de mieux comprendre, où se situent les forces potentiellement révolutionnaires nous autorisant à revendiquer avec elles la mise en place de ces services publics d’un nouveau genre -si j’ose dire... (JP-ANC)

…En 1970, les femmes ne représentaient que 38 % de la population active, et 38 % également des ouvriers et employés. Cinquante ans plus tard, elles représentent 48,5 % de la population active, mais plus de 52 % des classes populaires…

…En 1970, seule la moitié des 25-59 ans étaient actives (contre 95 % des hommes). Elles sont aujourd’hui 82,5 % (contre 91,9 % des hommes). Cette montée en puissance, qui s’observe quel que soit le niveau d’éducation, s’accompagne chez les salariées d’une précarité très supérieure à celle des hommes, sous la forme de chômage, de temps partiel non choisi, d’horaires découpés, de petits salaires, etc. Durant cette période, le salariat populaire féminin a lui-même changé de physionomie…

…La montée en puissance du prolétariat féminin « a été portée par les personnels des services directs aux particuliers et par les employés civils et agents de service de la fonction publique », deux groupes qui composent à eux seuls près de 60 % de l’ensemble des employés…

On croise désormais plus de travailleuses que de travailleurs, soit.

Préfiguration d’un modèle de société

Quand les partis de gauche se lancent à la « reconquête » des classes populaires, ils ne s’adressent pas majoritairement à des ouvriers licenciés, tentés par le repli identitaire, mais à des travailleuses des services essentiels, qui forment la colonne vertébrale de la société.
Loin d’incarner un passé dépassé, ce secteur de la reproduction sociale a montré au cours du grand confinement sa nécessité et sa « modernité ».

Si nul ne s’est jamais précipité à sa fenêtre pour applaudir les singes savants de la Silicon Valley et leurs amitiés à cliquer, celles et ceux qui produisent l’infrastructure commune à l’école, à l’hôpital, dans les maisons de retraite ou à domicile sous la forme d’interactions de face-à-face uniques, humaines, non délocalisables, difficilement automatisables, jouissent d’une popularité considérable.

Depuis la fin de la guerre froide, les grands partis de gauche français ne conçoivent plus de front social qui ne ferait la part belle aux professions intellectuelles supérieures — et pour cause, leurs stratèges en sont issus.

Pourtant, la coalition de l’auxiliaire de vie, de l’infirmière et de leurs conjoints, ouvriers de la logistique ou techniciens, apparaît sociologiquement plus viable que l’alliance du journaliste et du chaudronnier.

Et politiquement plus porteuse : les services vitaux à dominante féminine mis en exergue par la crise sanitaire échappent en partie aux clivages identitaires, tant les personnes d’origine immigrée y contribuent massivement.

Ils préfigurent un modèle de société où l’épanouissement de l’individu intégral passe par la prise en charge collective des besoins de base. Et donc par un grand service public regroupant les métiers essentiels sous la protection d’un statut unique.
Un point d’appui pour les conquêtes à venir.


Sauf mention contraire, les chiffres donnés ci-dessus proviennent de l’exploitation des enquêtes « emploi » de 1970, 1995 et 2019 réalisée avec François Denord et Sylvain Thine.

   

Messages

  • 1. En France, où sont les forces réellement révolutionnaires aujourd’hui ?
    31 janvier, 16:00 - par Jean-Pierre Tricaud membre du CN de l’ANC


    Les travailleuses, les travailleurs des secteurs que l’on nomme "les services" en opposition ou en parallèle à "l’industrie", sont aujourd’hui la composante essentielle de la -d’une- nouvelle classe ouvrière ; et cela compte-tenu de leurs salaires, leurs classifications, leurs conditions de travail et d’emploi, etc...
    La "reconquête" c’est d’abord la présence et l’action syndicales CGT au coeur de ces milieux, sur des bases de lutte de classes.
    Quand à la gauche, elles, ils peuvent dire "ne m’appeler plus la gauche, la gauche elle m’a laissé tomber".
    Autant dire qu’il y a du boulot pour qui veut s’y mettre.
    Jean-Pierre T.

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